La solidarité internationale

La solidarité internationale est un engagement citoyen, associatif et public pour solutionner ensemble les défis liés à la pauvreté, aux inégalités, au climat, à la paix et à la justice dans le monde. Dans un monde de crises interconnectées, elle est plus nécessaire que jamais ! Les Organisations de la société civile (OSC) jouent un rôle essentiel dans cette solidarité entre tous les acteurs de la société du Nord comme du Sud, et apportent des innovations et des solutions pour construire collectivement un monde plus juste, plus solidaire et plus durable.

Pourquoi la solidarité internationale ?

Premièrement, parce qu’elle reflète les valeurs de la Belgique et de ses citoyen·nes ! En tant qu’état, la Belgique s’est en effet engagée – à travers, notamment, la Déclaration universelle des droits de l’Homme et de nombreux accords internationaux – à toujours défendre les droits humains pour toutes et tous, à combattre les inégalités et à réaliser les Objectifs de développement durables de l’ONU. Les citoyen·nes plébiscitent aussi la solidarité internationale : selon le Baromètre de la philanthropie de la Fondation Roi Baudouin, 6 Belges sur 10 ont fait un don à une organisation caritative en 2025, et 8 Belges sur 10 estiment qu’en faisant un don, il est possible de contribuer à rendre le monde meilleur.

Deuxièmement, parce qu’elle est efficace ! Les études démontrent que la coopération internationale permet de réduire la pauvreté et d’accroître les investissements, l’espérance de vie et le taux moyen de scolarisation dans les pays partenaires. La coopération a par exemple permis à 34 millions d’enfants supplémentaires d’aller à l’école depuis les années 2000 selon l’UNESCO. Elle a aussi permis d’éradiquer quasi complètement la poliomyélite et de réduire de près de 50% le nombre de nouvelles infections au VIH SIDA depuis 2000.

Lorsque nous investissons dans la solidarité internationale, nous investissons dans l’avenir de toutes et tous, y compris chez nous.

Enfin, parce que lorsque nous investissons dans la solidarité internationale, nous investissons dans l’avenir de toutes et tous, y compris chez nous. Car, plus que jamais, les enjeux internationaux et nationaux sont étroitement imbriqués. Voyez l’impact d’une guerre, d’une crise climatique ou d’une pandémie mondiale sur notre économie et notre propre vie quotidienne. Inversement, nos politiques nationales ont un impact majeur sur les autres pays. Par exemple, notre engagement à réduire nos propres émissions de carbone a un impact sur les sécheresses, les incendies de forêt, les tempêtes et les famines dans le monde. La solidarité internationale est un investissement dans la prospérité partagée et la stabilité mondiale qui bénéficie non seulement aux populations des pays partenaires, mais aussi à tous les citoyens et citoyennes du monde.

Coopération non-gouvernementale

Les Organisations de la société civile

Actives dans la coopération, l’aide humanitaire et l’éducation à la citoyenneté mondiale et solidaire, les Organisations de la société civile (OSC) sont des acteurs incontournables de la solidarité internationale. Grâce au soutien dont elles bénéficient et aux partenariats avec d’autres acteurs, en Belgique ou dans leurs pays partenaires, elles défendent l’espace démocratique, combattent les inégalités, soutiennent les plus vulnérables et proposent des solutions alternatives qui contribuent à des sociétés plus inclusives et durables.

Les acteurs de la solidarité internationale

Les différents acteurs belges mettent chaque jour la solidarité en pratique, chacun avec leur propre méthode de travail, leur propre expérience et expertise et en se renforçant mutuellement pour lutter ensemble contre la pauvreté et l’inégalité.

En Belgique, il y a 4 types d’acteurs qui correspondent à 4 types de coopération au développement :

La coopération bilatérale

La coopération bilatérale se fait « d’état à état ». Les institutions gouvernementales belges sont les principaux acteurs de la coopération bilatérale en Belgique. Au niveau fédéral, il s’agit principalement de la Direction-Générale Coopération au Développement et Aide Humanitaire (DGD), tandis qu’au niveau fédéré, le WBI et Brussels international proposent leurs propres initiatives de développement.

La coopération multilatérale

La coopération multilatérale concerne la contribution de la Belgique aux efforts de solidarité coordonnés par des instances européennes et internationales comme l’ONU, dans le but notamment d’implémenter les Objectifs de développement durable (ODD). Ces institutions sont financées par les pays adhérents et ont leur propre politique de coopération au développement.

La coopération indirecte ou non-gouvernementale

Les Organisations de la société civile (OSC) et les acteurs institutionnels (AI) sont les acteurs de la coopération indirecte, agissant de manière indépendante mais reconnus par l’Etat belge. La coopération indirecte fait référence au travail que font les institutions non étatiques avec leurs partenaires du Sud. On l’appelle « indirecte » car l’Etat belge soutient ces actions mais n’est pas l’exécuteur ou décideur.

Le 4ème pilier

Il existe aussi un quatrième niveau dans la coopération au développement. Il est moins connu. Il s’agit d’initiatives citoyennes volontaires qui avec peu de moyens soutiennent des projets dans le Sud et créent des liens Nord/Sud. On retrouve dans cette catégorie les associations paroissiales, les mouvements de jeunes, les associations de quartier, les groupes scolaires ou n’importe quelle autre association de personnes qui à un moment s’intéresse à la problématique Nord/Sud.

Les 3 axes de la solidarité internationale

La solidarité internationale s'inscrit dans la durée, avec des actions de coopération structurelle, dans l'urgence en cas de crise humanitaire, et est aussi importante en Belgique pour sensibiliser et mobiliser les citoyen·nes.

Coopération structurelle

Aide humanitaire (aide d'urgence)

Education à la citoyenneté mondiale et solidaire

Un secteur en évolution

La notion de solidarité internationale a évolué avec le temps.

A l’origine, le concept de coopération développement est apparu après la deuxième guerre mondiale, lorsque s’achevaient les premiers processus de décolonisation. A cette époque, on considérait que les sociétés traditionnelles étaient en retard par rapport à la civilisation occidentale et qu’elles devaient franchir une série d’étapes afin d’atteindre le progrès. Le développement était vu comme une modernisation dans tous les domaines (économique, politique, social, administratif et même religieux).  C’est ainsi que les Etats occidentaux ont mis en place des organismes officiels d’aide au développement qui avaient pour objectif de concourir à cette « modernisation ». C’est aussi une période où les organisations non gouvernementales à caractère humanitaire et les missions religieuses (actives depuis longtemps) ont intensifié leurs actions pour aider ces populations défavorisées.

Aujourd’hui, on préfère parler de solidarité internationale. Les OSC en particulier cherchent principalement à construire des partenariats avec des acteurs locaux pour renforcer des secteurs comme la santé, l’agriculture, l’environnement ou les droits humains. Elle apporte également une aide humanitaire dans des situations de crise.

Au-delà de la classification « Nord/Sud »

Les défis majeurs de notre époque – climat, migrations, inégalités, travail décent, villes durables – se posent partout. La division entre Nord et Sud est dépassée et les acteurs de la solidarité internationale évoluent dans ce sens.

L’agenda mondial des Nations Unies à l’horizon 2030 et ses 17 Objectifs de développement durable (ODD) sont explicitement fondés sur les défis mondiaux et transcendent le discours traditionnel Nord-Sud. Pour mettre fin à l’extrême pauvreté et protéger la planète d’ici 2030, tous les pays doivent travailler ensemble pour les ODD.

De plus, la division entre le « Nord » et le « Sud » est un héritage colonial qui perpétue des relations de pouvoir bien ancrées, en contradiction avec le changement systémique souhaité par les OSC. En tant qu’agents du changement social, les OSC luttent contre les relations de pouvoir asymétriques, y compris la relation « Nord-Sud » dont elles font elles-mêmes partie. Ce décloisonnement est inextricablement lié à la décolonisation et à la recherche de partenariats égaux.

Cadre légal

En Belgique, la solidarité internationale est régie par la Loi relative à la coopération au développement du 19 mars 2013. Elle définit les objectifs de la coopération internationale belge, ses stratégies, les différents types et acteurs de la coopération, et les pays concernés.